Les bisquines

Bateaux de pêche traditionnels de la Baie du Mont-Saint-Michel, les bisquines ont pour origine les biscayennes des pêcheurs basques. Ce sont des bateaux fins, rapides et puissants, qualités requises pour le dragage des huîtres plates qui prospèrent sur les bancs naturels de la baie.

Rapidité parce que les périodes de pêches sont strictement réglementées ; et puis, il faut être le premier sur le lieu de pêche et le premier à rentrer au port afin de vendre sa prise au plus offrant. C’est ainsi que l’on assiste jusque dans les années 1920 à l’extraordinaire spectacle de la Caravane, si bien racontée dans le roman de Roger Vercel, « La Caravane de Pâques » : 400 bisquines de toutes tailles prenant la mer devant Cancale. Cette scène a été immortalisée par une célèbre toile du peintre Marin-Marie.

Puissance, car quelle que soit le mode pêche employée, les bisquines encaissent des efforts titanesques. Pour atteindre cette nécessaire puissance, il faut également un gréement à la hauteur. Les bisquines portent sept à huit voiles au tiers plus un foc sur trois mâts. "Des voiles délicates à régler, mais primordiales » expliquent les anciens.

les_bisquines_1.jpg

les_bisquines_3.jpg

Vitesse et maniabilité, donc, sont les deux mots qui caractérisent ces magnifiques bateaux qui se livrent une fois par an à des régates. Celles-ci sont devenues des institutions, un rendez-vous annuel incontournable. Si elles existent depuis 1845, l’âge d’or de ces bisquine se situe entre 1895 et 1914.

Aujourd’hui, les deux bisquines, la noire Cancalaise et la blanche Granvillaise, s’affrontent encore de manière régulière, une année à Cancale et l’année suivante à Granville, chacune mettant un point d’honneur à ne pas lâcher prise.

Actuellement, il est possible de poser son sac à bord, le temps d’une journée et de se faire la main aux écoutes ou en tenant la barre. Cap sur Chausey, sur la baie de Saint-Malo ou tout simplement une virée nocturne, la Cancalaise vous attend…