Le centre-ville

Le Bourg de Cancale s’est d’abord construit autour de la vieille église qui fut reconstruite entre 1714 et 1727 par Garangeau, ingénieur et architecte militaire. Le bourg est alors très restreint, mais des voies rayonnent tout autour pour relier les différents villages des environs. Jusqu’à la Révolution, c’est le chef-lieu de la Seigneurie du Plessix-Bertrand, où le sénéchal rend la justice dans l’Auditoire de Justice. De grandes propriétés, anciennes demeures de corsaires et de négociants, limitent toute extension du bourg. Le développement de la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui date principalement du XIXème siècle. A cette époque, la vielle église étant devenue trop petite, la municipalité permet l’acquisition d’un terrain situé au sud. La construction de la nouvelle église débute en 1875. Les travaux s’arrêtent faute d’argent, et ne reprennent qu’en 1930 pour se terminer en 1932. Cependant le grand clocher qui devait surmonter la tour ne sera jamais édifié.

Cette opportunité d’agrandissement permet au bourg de s’étendre vers le sud et de rejoindre le port de La Houle par le Vau-Baudet, ce petit sentier caillouteux qui descend du bourg au village de la Houle permettant le désenclavement de ce village de pêcheurs. A partir du XXème siècle, le front de mer situé entre la pointe du Hock et la Pointe des Crolles voit se construire de grandes et belles demeures, réservées à une population aisée et essentiellement estivale, à la recherche des nouveaux plaisirs qu’offre les bains de mer, récemment mis à la mode. Puis l’extension se tourne vers l’ouest : La Poste, construite en 1935 et décorée de mosaïques du célèbre Odorico, forme une nouvelle transition avec les villages périphériques.

Aujourd’hui, le cœur de la ville est relativement restreint. L’urbanisation galopante du 19ème siècle qui a permis d’étendre le paysage économique plus à l’ouest, en permettant l’implantation de zones artisanales a agrandi la ville actuelle en englobant les petits villages périphériques. L’activité commerçante, sociale et scolaire se situe au cœur même du bourg, tandis que les activités liées au tourisme se déplacent vers le Port de la Houle et les « villages » alentours. L’ancienne église abrite désormais le musée des Arts et Traditions Populaires de la ville, ainsi que le cinéma très moderne, équipé des dernières technologies numériques. Une grande demeure subsiste, le manoir de Bricourt, situé sur la place du même nom qui reflète bien l’architecture du Siècle d’or d’autant plus que le célèbre restaurateur Olivier Roellinger y avait installé son restaurant aux saveurs des épices lointaines.

Autre temps, autre siècle, la Maison de la Marine située derrière l’église actuelle, qui accueillait au XIXème siècle et jusqu’au début du 20ème, l’administration maritime, abrite aujourd’hui un restaurant et des chambres d’hôtes dans un décor entièrement restauré par des Compagnons, dans l’esprit maritime cancalais. Dernier élément arrivé dans le paysage du bourg sur la place de l’église, les statues « les laveuses d’huîtres », sculptures de Jean Fréour, ont inauguré le passage au XXIème siècle tout en rendant hommage au rude travail des femmes de Cancale dans les siècles précédents.